Bébé : manger mieux

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Bien manger pour les petits

Les préférences alimentaires commencent dès les premières bouchées. L’alimentation pendant l’enfance détermine en grande partie les habitudes alimentaires de l’adulte. Diversifier l’alimentation de l’enfant lui offre une palette d’expériences et lui permet de développer ses cinq sens. En effet, si le goût et l’odorat ont un lien évident avec l’acte de manger, le toucher, la vue ou l’ouïe s’enrichissent aussi à table au travers de nouvelles découvertes.

En quoi est-ce important ?

En douze mois, l’enfant va passer d’une alimentation exclusivement lactée à l’alimentation servie à la table familiale. Cette évolution tient compte de la maturité de ses systèmes digestif et rénal, du développement du nourrisson, de son intérêt pour la nourriture et des différentes textures (lisse, hachée, petits morceaux).
Il n’y a donc pas lieu de proposer des dates strictes d’introduction des aliments ; l’alimentation lactée exclusive convient parfaitement pendant les quatre à six premiers mois de vie. Dès six mois, le lait ne suffit plus à couvrir les besoins de l’enfant et les aliments solides sont à proposer progressivement jusqu’à ne plus faire de différence avec le repas  familial.

A quoi faut-il penser ?

Les aliments peuvent être introduits sans hâte, en tenant compte de l’acceptation de l’enfant. Un ordre précis pour chaque type d’aliments n’a pas lieu d’être (cf. Tableau des introductions des aliments chez le nourrisson  de la Société Suisse de Pédiatrie). Il convient plutôt de tenir compte des habitudes culturelles de la famille ainsi que des produits de saison. Pourquoi attendre d’avoir introduit les pommes ou les bananes si c’est la saison des fraises, par exemple ?

Certains aliments ne sont pas à proposer avant un an (cf. FAQ  1) :

  • le sel (ou les condiments en contenant, tels que Aromat, bouillon, Maggi, Cenovis)
  • le sucre, le miel (ou les produits sucrés en contenant, tels que biscuits, sirop, etc.)
  • le lait de vache (ou d’un autre mammifère)

Commencer par quelques petites cuillères, en choisissant le même aliment plusieurs jours de suite, afin de voir s’il est bien toléré par l’enfant.
Augmenter progressivement le contenu de l’assiette en diminuant d’autant la quantité de lait du repas.
Lorsque la quantité d’aliments solides représente environ 150-200g, le lait peut être supprimé, sous réserve que de petites quantités de protéines  (viande, poisson, œuf), de matières grasses (huile d’olive et de colza) et de l’eau aient été proposées dans la journée. Augmenter ces quantités en fonction de l’appétit de l’enfant.
Dès la naissance, le bébé a la faculté de régler ses apports alimentaires et hydriques. Le laisser déterminer les quantités qui lui conviennent, sans chercher à lui faire finir son assiette, lui permet de reconnaître lui-même sa satiété ; les quantités peuvent être très variables d’un jour à l’autre.
A un an, l’enfant prendra part au repas familial, mais il peut avoir sa place à table bien avant : voir ses parents ou ses frères et sœurs manger est une excellente façon de lui donner envie de mettre de côté les purées de bébé.

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Questions fréquentes (FAQ)

Questions

Réponses

Il n’y a pas de règle stricte à ce sujet : le développement de l’enfant détermine la période adéquate pour commencer à diversifier l’alimentation (par exemple : est-ce que l’enfant se tient assis s’il est soutenu ? Ouvre-t-il la bouche à l’approche de la cuillère ? Manifeste-t-il de l’intérêt pour la nourriture solide ?).
Tous les aliments peuvent être proposés à l’enfant entre quatre et six mois. En Suisse, culturellement, ce sont les fruits et les légumes qui sont choisis en premier, mais il n’y a pas de règle universelle.
Chaque aliment peut être servi quelques jours de suite, afin de vérifier si l’enfant le tolère bien. Cela lui permet également d’apprendre à en connaître le goût. En raison de l’immaturité du système rénal de l’enfant, les produits laitiers sont introduits quelques semaines plus tard (au plus tôt dès six mois et en très petite quantité, à raison d’au maximum 50-100 g par jour) ; le sel et les grandes quantités de lait de vache ou d’un autre animal attendront que l’enfant ait un an (cf. Tableau des introductions des aliments chez le nourrison (Société Suisse de Pédiatrie)).
Dès les premiers repas, un peu de matière grasse de bonne qualité (huile de colza ou d’olive par exemple) est à ajouter sur les aliments déjà cuits.
L’adulte choisira de préférence des produits locaux et de saison, gage d’une composition nutritionnelle maximale ; les produits « bio » ne sont pas indispensables.
Les purées pour bébé peuvent être assaisonnées avec des fines herbes ou des épices selon les préférences et le développement de l’enfant. Si apprécier le curry ou le piment est en partie d’ordre culturel, c’est surtout le fruit d’une familiarisation progressive au goût piquant.
L’alimentation de l’enfant n’a pas besoin d’être salée (ou assaisonnée avec des produits tels que Aromat, bouillon, etc.) ou sucrée (même avec du miel) afin de ne pas stimuler l’enfant à ce type de saveur.

Les quantités varient selon les enfants et selon les jours, il est donc difficile de donner des quantités précises correspondant à tous les bébés.
De façon indicative, les premiers essais alimentaires se feront sous la forme de quelques cuillerées à café de purée, pour aboutir, à un an, à une alimentation familiale sous forme de quatre repas de texture proche (des petits morceaux).
Dans l’idéal et sur l’ensemble de la journée, il conviendrait que l’enfant consomme :

  • L’équivalent sous forme de lait, de yogourt ou de fromage : 8 dl à 6 mois / 5 dl à 8 mois/ 3-4 dl à 1 an
  • Des légumes et des fruits (1 portion = 40-60 g) : 2 portions à
    6 mois / 3 portions à 8 mois / 5 portions à 1 an
  • Des farineux (1 portion = 30 g de céréales ou 120 g de pommes de terre) : 1-2 portions à 6 mois / 2-3 portions à 8 mois /
    3-4 portions à 1 an
  • 1 portion par jour de viande, poisson ou œuf (1 portion = 1 c.c. à 6 mois / 1 ½ c.s à 8 mois /2 c.s. à 1 an)
  •  De l’huile de colza ou d’olive (1 c.c. à 6 mois / 2 c.c à 8 mois / 3-4 c.c. à 1 an)
  • De l’eau à volonté

Il est possible que lors d’un changement de texture (« purée » à « écrasé à la fourchette » par exemple) ou qu’au moment de manger tout seul, l’enfant mange moins. Dès la naissance, celui-ci a la capacité de déterminer les quantités qui lui conviennent. Il est donc important que l’adulte fasse confiance à l’enfant en reconnaissant et en respectant ses sensations de faim et de satiété.

Les petits pots industriels ont l’avantage d’être pratiques à l’emploi et rapidement préparés. Toutefois, ils ne sont pas représentatifs de la cuisine familiale que l’enfant sera amené à consommer par la suite et constituent dès lors plutôt une solution de dépannage.
Les purées maison demandent un peu de temps de préparation, mais peuvent se cuisiner pour plusieurs repas, rendant ainsi leur utilisation aussi facile que celle des petits pots industriels.

Pour préparer ces purées, penser à :

  • Choisir des légumes ou des fruits régionaux et de saison (cf. calendrier des saisons) ; leur contenu en pesticides et contaminants sera peu différent des produits « bio » et l’apport en sels minéraux et vitamines sera maximal.
  • Cuire dans un peu d’eau, mixer (ou hacher ou écraser ou couper en petits morceaux, en fonction de l’âge de l’enfant), assaisonner selon les goûts (fines herbes, épices), portionner dans de petits contenants et mettre au congélateur sitôt que refroidis. Procéder de même pour la viande ou le poisson (exemples de recettes bébé).
  • Il n’est pas nécessaire de faire de grandes réserves de purée, le bébé apprenant rapidement à manger des aliments de textures différentes.

Aucun, à part les préparations lactées pour nourrisson lorsque l’allaitement maternel est terminé.
Le marketing essaie de faire croire que les desserts lactés ou les jus de fruits « spécial bébé » sont indispensables, ce qui n’est pas le cas. La lecture des étiquettes de ce type de produits montre même que certains contiennent du sel, du sucre ou des matières grasses de mauvaise qualité.
Etre un bébé n’est pas une exception, il s’agit juste d’un créneau commercial particulièrement rentable.

Si l’enfant est allaité, il n’a pas besoin de liquide supplémentaire. Sinon, de l’eau (du robinet bouillie les premières semaines) peut lui être proposée et s’il la refuse, c’est qu’il n’a pas soif. Les boissons destinées spécialement aux nourrissons (jus de fruits, tisanes) contiennent parfois du sucre ou des produits sucrants sous d’autres appellations (dextrose, fructose, concentré de jus de pomme, poudre de fruits, miel, etc.). Choisir de préférence des boissons sans sucre afin de ne pas stimuler son goût pour les douceurs ni  favoriser les caries sur les premières dents.

Plus le mode d’alimentation est restrictif et plus il aura de conséquences sur le développement d’un enfant en période de croissance.
Une alimentation végétarienne (ovo-lacto-végétarienne, soit sans viande et sans poisson mais avec des œufs, des fromages et, selon la tolérance du bébé, des légumineuses (lentilles, graines de haricots, pois, soja, tofu, Quorn, seitan)) peut parfaitement convenir à un enfant, de nombreux groupes de population le font sur notre planète.
Par contre, une alimentation végétalienne ou vegane (sans produits animaux) peut être source de carences nutritionnelles, il est donc préférable de consulter un-e diététicien-ne pour faire le point sur ce sujet.

La seule prévention efficace est l’allaitement exclusif pendant les premiers mois de vie. Sinon, l’introduction alimentaire tardive de certains aliments (poisson, gluten, etc.) n’a pas démontré d’efficacité pour diminuer le risque d’allergie ; les restrictions alimentaires préventives pour la mère n’ont pas de raison d’être.

Les boissons végétales contiennent surtout des sucres et ont une composition souvent très différente du lait maternel ou du lait de vache ; elles ne peuvent donc pas les remplacer. Leur contenu en protéines, en calcium et en vitamine D est généralement insignifiant. Elles sont donc éventuellement à proposer dès un an, en guise de boisson au goût intéressant mais sans élément essentiel.